L’absence

Il s’agit là d’un mot qui a son lot de significations.

J’ai envie de commencer avec l’absence d’un être cher. L’absence peut être grande quand cet être cher est passé de l’autre côté du voile. Bien sûr, cela dépendra de la relation que nous avions avec cette personne. Mais l’absence de l’autre est là.

Absent, mais pourtant présent, quelle utopie ! Présent par le manque, présent par la douleur que l’on ressent, présent dans ce vide qu’il laisse. L’absence provoquera toutes sortes de sentiments.

On peut passer par le déni, l’incompréhension, la colère, la tristesse bien sûr,
avoir l’impression que nous sommes victimes d’une injustice, que la vie nous a volé une partie de nous.

Et puis, malgré cette impression que cette douleur à vif ne s’atténuera jamais, tout
doucement, cette absence sera subtilement moins douloureuse. On accepte, on continue de vivre avec cette absence si présente.

Il y a l’absence de nos amis, de nos proches. Même si l’on vit à côté les uns des autres, on est souvent dans une habitude de vie qui fait que « non, désolé(e), on se verra à un autre moment, tu comprends, j’ai trop de choses à faire… ». Puis le temps, lui n’attend pas. Il file, il court, on ne peut le retenir et arrive le moment où l’autre n’est plus là, à nos côtés. Et vient le temps des regrets.

Il y a aussi l’absence de nous. Cette impression que nous nous sommes perdus en cours de route. On ne comprend pas pourquoi, mais on ne se reconnaît plus, on ne se connaît plus. Pourquoi ? Parce que nous n’avons pas le temps, mais oui, le temps passe tellement vite. Nous n’avons pas le temps de nous poser, nous retrouver en face à face, on court après le travail, les activités, avoir une vie passionnante. Et puis on s’évite de peur de se rencontrer. On passe à côté de soi, et en conséquence, à côté des autres.

Et à ce moment là, on se rend compte de l’absence des autres, de notre propre absence. Alors avant de vivre votre absence, prenez le temps de vous parler, de prendre du temps pour vous, de vous centrer, méditer, apprécier de ne rien faire, pour être juste avec vous. Et quand vous serez apaisé, l’absence des autres, de l’autre sera différente. Vous prendrez plus de temps pour être avec vos proches, car vous prendrez conscience de l’importance du moment présent, vivre juste ici et maintenant.

Et lorsque vous pourrez vous connecter avec vous même car vous vous prendrez du temps, vous vous rendrez compte que l’absence de cet être cher sera différente car vous serez dans l’accueil de ces petits signes, ces petits clins Dieu que l’on peut recevoir, et au fur et à mesure l’absence ne sera plus synonyme de vide. Cette absence sera pleine de vous, de l’autre, des autres.

Avec toutes mes plus belles pensées.